Le numéro 326 de Sport-Santé

A la Une

La une du premier numéro de l’année est traditionnellement réservée au palmarès de Sport-Santé. On retrouve donc en photo de couverture, rassemblés sur la scène du Hot Brass, les cinq « sportifs de l’année » en sports collectifs, avec (accroupis, de g. à dr.) : Charles Brousse, Ruben De Lera, Dominika Drobnakova, Alexandre Legallo et Aymeric Minne. Ils sont « couverts » au 2ème rang par Alex Donsimoni, Virginie Dedieu, Félix André, Ged Fraser, Francis Taulan, Jérôme Fernandez et Thierry Jamet.

Et puis en dessous, clin d’œil à Erwann Le Pechoux, désigné « sportif de l’année » en sports individuels pour la 6ème fois. Un bail !

(photos S. Sauvage)

Sommaire :

  • 4   Volley : une si belle soirée
  •  5   Le Méchant
  •  6   Spécial Palmarès : « Sir Alex »
  •  7   Sportifs de l’année
  •  8   Le Top 5 en sports « co »
  •  9   Equipes de l’année
  • 10  Dirigeants et organisateurs 2017
  • 11  Entraîneurs de l’année
  • 12  Educateurs de l’année
  • 13  Le « Sport pour Valeur »
  • 14  Kids prometteurs
  • 16  Escrime Pays d’Aix
  • 18  La belle avancée des nageurs
  • 20  Hommage à Albert Arstanian
  • 22  Epatants, les U17 du PAFC !
  • 24  Les Gadzarts font du sport
  • 26  Philippe Bouëdo, « voltigeur génial »
  • 30  Challenge AGL Services / Eurlirent 2018
  • 32  Trophée : Valentin Achou

 

 

Edito

Question de survie

La crise, c’est maintenant. On la déplore depuis plusieurs années déjà, mais c’est aujourd’hui que les effets sont les plus sensibles. Et qu’en sera-t-il demain ?

Pour limiter le sujet au domaine du sport, on ne peut s’empêcher de craindre que l’euphorie suscitée par la désignation de Paris comme ville des Jeux Olympiques 2024 cache en partie le profond malaise qui habite la plupart des associations sportives. La suppression radicale des aides à l’emploi, notamment les CAE, conjuguée à la baisse des subventions publiques et aux exigences de plus en plus grandes en matière d’organisation événements, mettent tout simplement les clubs « dans la merde », si vous nous permettez l’expression.

La crise touchant aussi le monde de l’entreprise, l’argument selon lequel les dirigeants de club n’auront qu’à trouver dans le secteur privé l’argent que l’Etat ne veut plus dépenser, risque d’être rendu caduque par la dure réalité du monde économique.

Si un point de vue pessimiste n’est pas la meilleure réponse aux questions qui se posent en période de crise, on ne peut s’empêcher de s’interroger sur l’avenir du sport de masse et plus largement sur l’avenir de notre bonne vieille société.

Combien de clubs, jusque-là animés par une positive ambition, se mettent aujourd’hui en « mode survie » ? Que va-t-il advenir des associations de quartier qui offrent la possibilité à des centaines de jeunes de pratiquer le sport… ou du moins qui ont pu le faire jusque-là, grâce à des aides publiques et avec le concours d’éducateurs bénévoles ou sous contrat CAE ? Que sera notre société lorsque les bénévoles des clubs, découragés par le peu de volonté de l’Etat de promouvoir la pratique du sport, auront rendu à la rue tous ces jeunes qu’ils contribuaient à éduquer par le sport ?

Questions préoccupantes qui peuvent se poser également dans d’autres secteurs… comme celui de la culture. Le secteur de la presse, qui nous concerne de près, est également touché par la crise. La disparition de l’hebdomadaire aixois « Le Courrier d’Aix », évoquée par ailleurs, même si elle n’a pas de rapport avec le système des subventions, témoigne de la difficulté pour les petites structures de survivre dans une société qui fait la part belle aux « gros » et aux riches.

Alors, la question se pose inévitablement pour nous : qu’adviendra-t-il du magazine Sport-Santé si les achats d’espaces qui lui étaient jusque-là réservés viennent à diminuer ? Nous sommes également pour ainsi dire en « mode survie », même si notre engagement passionné et le soutien grandissant de nos abonnés nous donnent la force de durer… et ce, depuis 46 ans.

Et si un jour nous devions à notre tour regarder en direction du « camion balai » ? Nous n’en sommes pas là. Nous avons encore assez de ressource et d’envie pour rester dans la course durablement. Mais par les temps qui courent…

Antoine Crespi